Les terres de Mystras


 
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 L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer

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MessageSujet: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeMar 22 Mar - 18:57

Quelque part dans l'univers se trouve une planète extraordinaire. Sur cette planète, la magie est reine et controle la vie de beaucoup de personnes. Notamment la vie d'une jeune fille, une fillette vivant dans le Royaume de Mystras, plus précisement dans sa capitale, Téopolis. Cette jeune fille a l'opportunité d'avoir un destin exceptionnel. Mais pour le moment, l'enfant est en train d'observer par la fenetre, cachée dans l'ombre, une ménagère assise cassant les cosses des petits pois.

Au bout d'un certain moment, la bonne femme se leva et s'approcha du mur du fond. Elle s'accroupit et sortit une tarte du four. L'odeur salivante de pomme sucrée et chaude embauma la maison, donnant envie à la ménagère de fredonner un air. Elle déposa la tarte dans l'enfoncement de la fenetre. Puis elle repartit vers l'étage, sans remarquer les grands yeux bleus qui regardaient la tarte avec avidité.

Comme par magie, la tarte s'éleva et lévita jusqu'aux bras tendus de la jeune fille. Cette dernière s'enfuit alors, la tarte dans les mains, fredonnant le meme air que la femme. Elle suivit la ruelle, et déboucha sur l'avenue principale de la ville de Téopolis. L'enfant suivit le flot de personnes qui se dirigeait vers le coeur de la cité. Il y avait beaucoup de monde en ce début d'automne. La matinée était deja bien avancée, bientot la mi-journée sera annoncée aux temples.

Un peu avant la Gran'Place, la jeune fille tourna à gauche et s'engagea dans une ruelle étroite et sombre. Elle monta les 3 marches du perron d'un immeuble miteux et ouvrit la porte grinçante. Une odeur d'urine féline lui assailla les narines."-les chats n'ont aucune hygiène de vie"marmona-t-elle. L'enfant monta les marches quatre à quatre, fronçant le nez. Arrivée au premier étage, elle ouvrit la porte du palier et la referma derrière elle.

La fillette se trouva dans un petit vestibule sombre mais propre, et sans odeur d'urine. Avançant par petits pas, elle penetra dans le salon et s'arreta en voyant une ombre ronflant sur une paillasse dans le coin de la pièce. Elle posa la tarte sur la table, dégagea ses cheveux sombres de sa vue et s'approcha de l'ombre.

En s'accroupissant près de la paillasse, l'enfant examina, attendrie, son père endormi. Ses ecailles bleutées, la longue crete cartilagineuse qui lui courrait sur le crane et le dos, sa longue queue finie par une nageoire puissante trahissait sa nature écumée. Mais pour la fillette, c'était le seul père qu'elle se souvenait d'avoir, et le seul qu'elle voulait avoir. Un changement dans la respiration de l'écume lui apprit qu'il allait bientot se reveiller.

Elle se releva et se dirigea vers sa chambre, pour y récuperer le couteau dissimulé sous son coussin. Retournant dans le salon, elle comença à découper la tarte lorsque l'écume se reveilla.


"-Mmh, quelle bonne odeur. C'est toi Vrixi?
-Oui père. J'ai ramené une tarte aux pommes.
-Ramené ou volé? Je te connais ma fille, tu as l'esprit un peu trop égoiste. Cela te perdra.
-Mais non pas du tout, s'emporta Vrixi, je lui ai emprunté la tarte contre les petits pois que je lui ai sortis des cosses... Ou que je lui sortirai, ajouta-t-elle pour elle meme.
-Crois-tu vraiment faire avaler ce mensonge à un cavalier de Phoenix?
-Au moins puis-je essayer de me faire pardonner..."

L'enfant s'approcha alors de l'écume et serra ses bras freles autour du cou musclé du cavalier. Attendri, ce dernier lui rendit son etreinte.

"-Taches de ne plus 'emprunter' si souvent les repas, meme si je ne suis plus dans les graces du clergé du Dieu flamboyant, cela ne veut pas dire que je vole les braves gens.
-Oui père", répondit la fillette, penaute.

Elle s'avança près de la table, prit un morceau de tarte et s'installa sur les genoux de l'écume, et lui tendit la part. Ce dernier l'accepta et commença à manger.


"-Tu sais ce que l'on fera ce soir, après mon service?
-Non mais une petite voix me dit que je vais bientot le savoir.
-Nous irons près du lac, s'entrainer aux armes et ... à la magie", répondit Boréas, chuchotant le dernier mot.
"-Pour de vrai père?
-Oui Vrixi, cela fait bientot 2 ans que nous sommes ici, fetons cela!
-Youpi!!!" la jeune fille embrassa son père.
"-Retrouves-moi au temple à la tombée du jour.
-Oui père! Je suis pressé que la nuit tombe!"

Vrixi serra encore une fois son père, puis se leva et mangea un morceau du gateau alors que l'écume se leva et s'équipa pour partir au Temple. Il se vetit de son armure d'os blanchi, frappée des flammes du Dieu flamboyant et revetit sa froque grise lui couvrant entièrement le corps, froque caractéristique des cavaliers de Phoenix. Il prit aussi sa lance et une dague qu'il plaça à sa ceinture. Ainsi équipé, il se tourna vers l'enfant, s'accroupi et l'embrassa :

"-N'oublies pas! Ce soir au temple. Ne fais pas de betises d'ici la!"

Puis le chevalier de Nal sortit du salon, de l'appartement, laissant Vrixi seule.

Vrixi sourit en pensant à la soirée. Elle finit de manger, puis emballa deux morceaux de la tarte dans un chiffon qu'elle mit dans un petit panier. Elle sortit alors et verouilla la porte derrière elle. En se retournant, elle vit un chat d'une belle fourrure grise avec des zébrures noires approcher en miaulant. Elle s'accroupit et le chat s'approcha, confiant. Tout en carressant le félin, Vrixi se demandait ce qu'elle allait faire cet après-midi. Elle se décida à passer à la rivière, nager un petit peu avant d'aller rejoindre sa cachette.

Elle regarda le chat ronronner et eut un sourire en coin. En fermant les yeux et en se concentrant, elle sentit les flux de mana qui tournoyaient autour d'elle. Elle s'en saisit d'un et dirigea son flux vers le chat. Elle rouvrit les yeux et sentit sa main vibrer. Un arc électrique jaillit de ses doigts et frappa le chat de plein fouet qui miaula et partit en courant, la queue basse.


"-Je deteste les chats", murmura-t-elle.

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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeMar 22 Mar - 22:54

Une brise soufflant en ce moment aussi sûrement que son sou sonnait, sans ciller ni sourciller, un petit mais néanmoins vaillant personnage se tenait fièrement à la barre, attendant une prompte réponse de son équipage de marins amers armés pour la mer, équipage éparpillé devant lui, affairé à faire la causette et forçant un brouhaha à occuper l'atmosphère.
Les pieds appuyés sur les lattes en bois du sol propre comme un sou neuf, il pensait à son navire, un bâtiment léger et rapide, idéal pour l'abordage surprise, le pillage et la fuite. Une œuvre d'art à ses yeux, qu'il avait lui-même rafistolé maintes et maintes fois depuis le jour où il avait choisi ce bijou et l'avait chéri pour les fruits qu'il en obtenait.
Oh bien sûr, il y eût quelques épisodes de doutes, mais ce bon vieux rafiot l'avait toujours tiré d'affaire lorsqu'il avait s'agit de prendre la poudre d'escampette, d'éviter de s'écraser sur les récifs ou encore rester à flots face à l'adversité de la nature ou des canons de la loi.

Il était songeur de tant de souvenirs intenses lorsqu'il fut brusquement remis à la réalité par celle qu'on surnommait par ici, "votre honneur". Une humaine assez grande et maigre, les lèvres pincées, le teint blafard, le nez bizarre, des cernes de coquart, bref, la beauté d'un cafard. Elle l'interpela d'une voix stridente, perçant à vif le boucan et par la même ses tympans :


"-Sileeeeeence ! Je vous rappelle que vous allez être jugés et condamnés, bande de rats crevés !"

Des visages se crispèrent et des voix grognèrent dans la salle. A l'évidence le simulacre de procès dont étaient affligés la bande de compagnons des océans n'allait pas s'éterniser. Un calme relatif réussi à s'installer dans l'auditoire.

"- Bien." reprit la mégère qui faisait office de juge. "Veuillez répondre à la question, Bref."

L'individu interrogé, un membre des petites-gens aux cheveux bouclés noirs de jais, l'air patibulaire, vêtu de vert et la passion aurifère transparaissant dans ses yeux clairs, rétorqua d'un timbre rauque :

"- C'est Neff que je m'appelle.
- Peu importe.
- Ben m'dame j'sais pas quoi vous dire, j'suis qu'un gringalet bon qu'à faire l'mousse."

Le halfelin aurait aimé mentir à ce moment mais c'est à peine s'il était mieux placé. Sa débrouillardise et son expérience des mécanismes l'avait conduit à être préposé aux réparations en tout genre sur le bateau. Ses aspirations à devenir capitaine d'abordage n'avaient pas été couronnées de succès pour le moment, mais au fond, il se disait qu'il avait encore de belles années devant lui. Enfin le pensait-il jusqu'à ce jour.

"- Vous êtes coupable de pillage, meurtre, enlèvement et banditisme contre la cité de Miriadis, vassale de Téopolis. Avouez.
- Nenni, j'ai un lumbago d'puis 3 mois que j'me suis fait en portant mes seaux pour astiquer le sol. Si vous saviez comme je souffre !
- Allons, allons, pas de chichis, une fois mort vous n'aurez plus ce souci.
- J'y consent mais je dis maux.
- Ces sautises m'exaspèrent.
- Justement ! Je n'pouvais point sauter pour batailler, pas même un grand-père, alors le pont ...
- Mais vous êtes le pouilleux venu dépouiller les victimes des méfaits de vos imbéciles de frères pirates. On vous a vu, c'est vous !
- A-t-on bien vu des poux ? Non parce que des morpions j'dis pas mais des poux ça j'en ai pas ! On a dû mal vous renseigner."

La juge se leva soudain et pointa sur le vert-vêtu son doigt osseux orné d'un ongle aussi long qu'une de ses phalange, la figure ayant au fur et à mesure du précédent échange de répliques viré à l'écarlate, une veine palpitant sur son front.

" -Suffit ! C'est vouuuuuuuuuuuuuuus !
- Si je puis me permettre, m'dame, vous devriez essayer les carottes. D'une façon ou d'une autre, ça vous rendrait plus aimable. En même temps j'dis ça ... j'dis rien ...
- Quoi ?!
- Ben j'ai rarement vu une tomate convaincante."

Un des matelots se crut alors fin et faillit à tenir la précaution de le faire à voix basse.

"Et mêmeuh si elleuh se pelait nue dehors on enn voudrait pas de cetteuh tomate-là heing !"

Le sang déjà bouillonnant de la présidente de séance ne fit qu'un tour.

"Qu'on traîne immédiatement ces clochards puants aux oubliettes !"

Neff et le matelot maladroit furent empoignés fermement par de solides gaillards qui les emmenèrent alors hors de l'enceinte des lieux du jugement. Les cachots se trouvaient à quelques lieues du temple de Phoenix duquel ils venaient de sortir. C'était le crépuscule et une lumière dorée baignait les larges rues pavées du quartier Quan'thur, haut lieu des pratiquants de la magie de guerre. Les hautes tours de Zwelys, le quartier des secrets se profilaient au loin, tandis que les batisses austères, de fer plaquées, étaient le lot des environs.

Le plan rapidement germé dans la tête de Neff prenait forme. Son abruti de pair était heureusement aussi lourd comme une barrique de bière (d'ailleurs il en avait presque la forme et décidément l'odeur) si bien que les deux gardes qui le tenaient avançaient à grand peine, lui ne faisant aucun effort. Les gardiens du halfelin eux, marchaient d'un pas pressé.


"Bon on s'occupe rapidos de filer le nain aux gars de la prison puis je vais profiter de l'alcool que tu me dois, Rogg, dit le premier.
- Connerie de pari, ça m'apprendra à ... OYYYY !"

Neff venait de lui coller un bon coup de coude à un endroit où l'on a besoin de plus de protection quand l'adversaire est à mi-hauteur. Lâché du côté gauche, il profita de la surprise de l'autre soldat et tira d'un coup sec sur sa propre manche qui fut déchirée en deux.
Ne demandant pas son reste, il se mit à courir à toutes jambes sur les pavés et réussit presque à atteindre l'avenue la plus proche où maints citadins regagnaient leur domicile. Malheureusement, il fut rattrapé et une main le fit basculer en arrière. Il tomba sur son postérieur juste en bordure de l'avenue. Il lui restait plus un tour dans son sac cela dit, et il s'écria d'une voix fluette de celles que les enfants ont :


"Non ! Pitié papa ! Ne me frappe pas !
- Hein ?! Tu vas pas m'échapper une deuxième fois toi !
- Non s'te plaît j'veux plus être obligé de faire du bien au monsieur !"

C'est à ce moment que le second garde arriva l'air contrarié, se massant encore l'entrejambe meurtri. Quelques passants, voyant la scène, Neff par terre un bras tenu par le garde l'autre protégeant son visage, sa manche déchirée encore dans l'autre main du garde, s'interposèrent, indignés.

"Non mais qu'est ce que c'est que ça ! C'est vraiment indigne de la loi, les gardes sont vraiment de vrai pourris de nos jours !
- Laissez partir ce gamin !
- Ouais il a raison, laissez-le partir !
- Ce n'est qu'un enfant !
- Mais enfin, rétorqua le garde, vous n'allez quand même pas le croire ! C'est ... c'est un menteur ! Il a ...
- Oui on a très bien compris ce qu'il a dû faire à cause de vous !
- Vous devriez avoir honte !
- Franchement si on avait pas été là ...
- Tu sais pas qu'il a failli arriver la même chose au neveu de Jack !
- Naaaaan ?"

Les rumeurs, les insultes et la discorde naissant de toutes parts, Neff profita de la situation pour se faufiler discrètement dans la foule et fausser compagnie à de potentiels bourreaux ...
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Drambam
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeMer 23 Mar - 18:14

Il faisait chaud dans la taverne de Choperemplie, et l'air ambiant était saturé par l'odeur de bière bon marché. Dans tout l'établissement, les clients rendaient un hommage à la désinvolture. Les passants de la rue adjaçante étaient souvent témoins de la gaucherie des ivrognes qui dépassaient les doubles portes en vomissant leur vin; Un spectacle qui n'impressionnait même plus. Pourtant, au milieu de ce bocson, un individu assis sur un tabouret relevé et accoudé au bar faisait totalement abstraction de l'agitation qui l'entourait. Depuis l'entrée de la taverne, il aurait été facile de le prendre pour un membre du beau sexe. La faute à ses cheveux raides qui descendaient tels une cascade sombre jusqu'au bas de son dos. Un verre de Bol'Grom N°4 à la main, le félin faisait machinalement tournoyer le liquide d'une couleur sombre et son regard se perdait dans les vagues de sa tempête contrôlée.

Sa main était griffue et, comme le reste de son corps, striée d'un pelage noir et gris foncé. De chaque côté de ses joues, des moustaches de chat d'aventuraient au delà de son visage fin et ses yeux étaient comme deux émeraudes taillées en cercle. Le félin était si absent qu'il ne remarqua pas l'étranger qui venait de s'asseoir à sa gauche. Quand le rêveur sentit une main légère se poser sur son épaule, il reconnu sa langue maternelle.


"-Salutations, Drambam." fit la voix.

"-Père?" crut Drambam en émergeant de ses pensées. Quand il se tourna vers son interlocuteur, il rencontra un visage familier. Un autre félin lui affichait un sourire sincère que Drambam tenta de lui rendre. Cependant, aucun lien de parenté n'unissait les deux personnages. Lorsque Drambam scruta la visage du vieux félin, il se rendit compte qu'il était resté fidèle en tous points au portrait qu'il en avait gardé de lui. De longues moustaches qui indiquaient son âge avancé; Un pelage pâle qui avait tendance à disparaître au dessus de son front; Des yeux bruns fatigués mais porteurs de sympathie.

"-Oh c'est vous, Jack! Excusez moi. J'étais ailleurs..." poursuivit Drambam

"-Oui, je te connais. Ton esprit devait vagabonder jusqu'aux dunes pour croire entendre ton père.
-C'est vrai je pensais à chez moi, je me demandais comment se porte ma famille en ce moment.
-Ce n'est pas vraiment ton genre de te faire du mauvais sang comme ça." Le félin haussa les épaules.
"...Ni de picoler dans des endroits comme celui-là..." constata le vieux Jack

Drambam ne répondit pas tout de suite. Il se sentait honteux de s'afficher dans cet état devant son vieil ami. Mais était trop fier pour l'admettre. Il décida alors de jouer le jeu jusqu'au bout. Il réalisa alors qu'un silence glacial venait de rompre leur conversation. Il se décida enfin à répondre.


"-Ça fait combien de temps qu'on s'est pas vus? Trois... Quatre ans?
-Environ quatre ans, oui."

Quatre ans! Quatre ans que Drambam et Jack s'étaient rencontrés au cours d'une aventure sûrement épique pendant laquelle il délivra le vieux félin prisonnier des geôles de Trisidor. Ah ça, c'était le bon temps! Aventure dont Drambam avait oubliés les croustillants détails aujourd'hui. Il croyait pourtant que ces moments resteraient gravés à jamais...

"-Et qu'es-tu devenu, depuis?
-Moi? Rien de spécial." répondit humblement Jack. "Je goûte avec grand plaisir aux joies de la retraite, mon jeune ami!
-Ça fait des années que vous êtes à la retraite, mon vieux!" taquina Drambam en le poussant gentillement.
"-Hum, c'est vrai, je l'admet. Mais assez parlé de moi, je suis sûr que tu as bien plus intéressant à me raconter!
-Désolé de vous décevoir, Jack. Mais je ne suis pas loin derrière vous!
-Comment? Mais... Tu es encore jeune. Et tu adorais voyager!
-Oui. Mais c'est ainsi." répondit le jeune félin en buvant une rasade de vin.
"-Tu rêvais de voir la rumeur de tes exploits arriver aux oreilles de ton père! Pense comme il serait fier. C'est toi qui me l'avais...
-Je sais!" coupa Drambam, qui venait de se rendre compte qu'il haussait la voix. Dans son impulsivité, il frappa son gobelet sur la table et le liquide se dandina à l'intérieur. Il inspira alors longuement et repris:

"-Tout ça c'était avant. Les choses ne sont pas si simples en réalité.
-Je vois. Et qu'est devenue ton amie?
-Stronc travaille à la cathédrale de Helm. Il se porte bien.
-J'en suis ravi, mais je ne parlais pas de lui." Le félin fronça les sourcils.
"J'ai appris que tu avais une compagne qui te rendait très heureux, comment s'appelle t'elle?"

Drambam ne répondit pas. Il avala le fond de vin qu'il lui restait et s’apprêtait à partir après avoir déposé quelques gozs sur le bar, quand le vieillard l'interpella à nouveau.

"-Attend!" Le félin se figea, le regard vers la sortie de la taverne.

"-Les baisses de moral arrivent à tout le monde, Drambam. Tu sais que je ne veux que t'aider, oh oui... Rien ne me ferait plus plaisir que de retrouver le Drambam qui est venu me sortir du pétrin quand j'en avais besoin.
Tu te souviens de là où j'habite? Ça n'a pas changé. Eh bien, si tu changes d'avis, tu sais où me trouver."

Le jeune félin n'avait pas bougé un muscle pendant le monologue de son vieil ami. Tout en lui lui hurlait de faire demi-tour et de parler de ses problèmes, mais son orgueil allait s'en mêler une fois de plus.

"-Peut être..." Conclut-il.

Et s'en alla sans se retourner.
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeDim 27 Mar - 22:32

Fort lointain de cela, une réunion secrète avait lieu entre les différents cultes qui composaient le panthéon principal de Mystras.
De telles réunions, bien sûr niées des différentes organisations religieuses, se tenaient chaque fois qu'un problème épineux d'origine mystico-divine pouvait remettre en question la suprématie de l'un des huit dieux principaux.

De fait, malgré toutes les rivalités qui pouvaient les opposer, si l'influence d'un dieu venait à défaillir, le cercle des attributions pourrait devenir incomplet. Autrement dit, faute d'un dieu de ceci ou cela, la populace pourrait probablement prétendre le pire : s'en retourner à vénérer quelque antique entité dont le pouvoir croîtrait alors proportionnellement au nombre de fidèles déviés et à leur impiété. Cela pourrait entrainer toute la société à basculer dans un barbarisme primaire dont même Orthac ne saurait se satisfaire.

Or donc pour sauvegarder l'ère de la civilisation, chaque dieu sollicitait lui-même un élu qu'il estimait digne de la mission et l'envoyait à cette réunion secrète, fût-il un novice à peine converti ou un archevêque accompli.
C'est ainsi qu'un prêtre d'Elendar dans la force de l'âge, les cheveux et la barbe poivre et sel, un anneau doré accroché à l'oreille droite, l'œil perçant et la langue bien pendue se retrouvait encapuchonné avec plusieurs paires de ses pairs pères dans une immense salle souterraine dont le plafond en voûte était éclairée d'une lueur changeante aussi déconcertante qu'attrayante. Cet inandri à la conscience aussi tranchante que la lame de son poignard se nommait Gringewys. Il se tenait assis sur une chaise de bois finement sculptée, dont les motifs étaient différents de chaque autre disposée autour de la table du conseil.
Le prêtre de phénix, un inandri à la barbichette rousse bien taillée et aux joues creusées, répondit à la prêtresse d'Ogthen :


" Oui. Il faut absolument agir, et vite. Si le Satyre revient, le monde sera à jamais défiguré !
- Pas si vite, non, pas si vite, repris la vieille femme gnome d'une voix éreintée par le passage du temps. Il faut élaborer un plan.
- Attaquons à l'aube !" fit le massif serviteur d'Orthac en claquant son poing dans son autre paume, imitant le coup de poing. Il s'agissait un minotaure dont la moitié gauche du visage asymétrique trahissait une corruption spirituelle que Gringewys n'arrivait pas à définir.
La prêtresse d'Ogthen soupira alors, las de devoir sans cesse faire face aux mêmes réactions de la part de chaque culte.
C'est alors que le désigné d'Helm, un avenant joufflu aux cheveux d'or bouclés, intervint pour la première fois depuis le début de l'entrevue d'une voix légèrement déraillée :


" On pourrait peut-être aller voir les habitants des villages en question. Peut-être auront-ils vu ou entendu quelque chose depuis les évènements. Et puis, il seront sûrement coopératifs si on les aide à soigner les malades. "

L'assemblée semblait plutôt convaincue dans l'ensemble, mais Gringewys se fit la réflexion que cela pouvait bien prendre des semaines pour n'avoir aucun résultat au final. Il afficha un air légèrement agacé qui trahissait ses pensées. La conférence promettait de durer encore de longues heures lorsque soudain ...
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeLun 28 Mar - 12:47

Les délibérations stoppèrent net lorsque des echos de bruits de pas eurent atteint les tympans de chacun. Quand toutes les têtes se tournèrent, elles firent face à l'intrus qui avait pénetré dans la salle. Sa silhouette arpentait la salle soutterraine, mise en valeur par l'eclairage multichromatique de la voute centrale.

L'individu encapuchonné s'arrêta à quelques pas de la table des négociations et profita du silence, fier de l'effet qu'avait provoqué son entrée. Il salua son public d'un sourire enjoué qui se voyait comme la lune au milieu d'un ciel sombre.

Quand l'envoyé d'Hortac se leva pour exiger le départ du gêneur, celui ci lui fit signe de se rasseoir par le biais de l'arbalète qu'il venait de saisir. Le minotaure se laissa retomber sur sa chaise en grognant.


"-Vous êtes pathétiques. Toutes les rencontres soi-disant secrètes que vous pourriez organiser ne changeront rien. Ceux que vous avez l'audace d'appeler 'vos dieux' sont dépassés! Et celui que je sers ne fera qu'un pli de ces vieilles religions."

-Taisez-vous!" S'était écrié l'élu de Phoenix. L'arbalète qui pourtant était pointée sur sa poitrine ne semblait guère l'intimider. L'intrus ricana.

"-Je viens porteur d'un message. Dans deux lunes, vos dieux tels que vous les connaissez auront cessés d'exister."

Cet ultimatum provoqua la stupeur tout autour de la table en bois de chène. Chaque dignitaire divin exprima son indignation. On frappait du point sur la table, d'autres levaient les yeux au ciel, et doigts accusateurs se tournaient vers le messager du déclin. Lui se délectait de ce brouhaha de panique. Et, conformément aux ordres qu'il avait reçu de son maître en personne, il cibla une personne au hasard et declara avec éloquence:

"-Le Satyre vous fait part de ses sentiments!"

Puis il pressa la détente.
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeLun 28 Mar - 20:49

Le carreau siffla, traversant a une vitesse prodigieuse l'espace qui le séparait de sa cible, un oeil écarquillé ou se refletait la peur de la mort. Avec un bruit mat, le carreau se planta dans la chaise de la pretresse d'Ogthen, deversant un flot de sang sur la bure distinctive des Gardiens du Savoir, une robe simple ou seuls les symboles complexes, ressemblant aux runes de l'alphabet nordique, montraient le rang du disciple de la déese de la Sagesse.

Personne ne s'attendait à cela, aussi l'inconnu gagna de précieuses secondes à fuir la salle alors que l'assemblée restait immobile, stupéfaite par ce qu'il venait de se passer. Personne ne vint non plus. Le messager s'était arrangé pour rendre inoffensives les différentes escortes des désignés divins. En effet, les reunions secretes se tenaient à huit clos, le lieu changeant à chaque fois, tout comme les élus.

Le premier mouvement fut réalisé par l'homme avec les cheveux bouclés et des yeux bleus virant sur le gris. Le jeune pretre de Helm approcha son visage moustachu de la gnome et murmura :


"-Allez en paix, que le Savoir Ultime vous soit révélé dans l'au-delà et que Nosibis vous accueille à bras ouverts. Il se retourna vers l'assemblée et continua d'une voix dérangeante, tantot trop aigue, tantot grave, le carreau a atteint le cerveau reptilien, elle est morte sur le coup, aussi rapidement qu'une perte de conscience... Il n'y a rien d'autre à faire a part prier."

Alors que l'assemblée prenait conscience de la violence gratuite et aléatoire de celui qui se faisait appelé le Satyre, Gringewys souffla. Il n'avait pas envie de se retrouver dans des débats interminables qui n'avanceraient en rien leur affaire des plus urgentes. Il eut soudain une idée. Alors que la situation semblait dégénérer, notamment entre le pretre d'Orthac et celui de Phenix, l'ancien compagnon du chevalier noir Nebkemn se leva et s'éclaircit bruyamment la gorge :

"-Mes amis, écoutez-moi! Laissons tomber les querelles intestines, l'heure est grave. Qu'importe ce que vient de raconter ce fol personnage, ses actes sont des plus éloquents. Tout le monde est au courant des divers faits qui arrivent depuis plusieurs semaines. Le clergé de Phenix fut le premier touché et naturellement les soupçons se sont portés sur les autres Dieux, notamment Elendar. Mais le Dieu Sombre aurait sauvegardé ses disciples au lieu de les laisser mourir..."

La bouche du pretre se remplit de bile. Il avait été sur les lieux de l'un des massacres, dans les ruelles avoisinant un temple d'Elendar ainsi que dans le lieu sacré lui-même. Le dieu Sombre n'a sans doute pas apprecié la perte de ses devots, surtout au vu de la souffrance inhumaine qu'ont subi les victimes.
Le carnage était total et personne n'avait été épargné : femmes et enfants étaient pendus par les pieds, les boyaux sortis et des sexes masculins plantés dans leurs gorges ou dans un autre orifice plus intime, tous les hommes étaient émasculés et sur le visage de toutes les victimes la trace de la douleur se voyait encore. Certains c'était même arraché la peau du torse avec les propres ongles. Et ces carnages se répétaient partout dans le royaume. Le Satyre a vraiment un humour des plus étranges.
Gringewys se reprit et examina l'assemblée, tous semblaient pendus à ses lèvres aussi continua-t-il son monologue.


"-Nous savons maintenant que ce n'est pas un de nos Dieux vénérés qui est à l'orgine de ses problèmes. Je propose que chacun retourne voir son supérieur afin de l'avertir de la menace qui semble réelle. Vérifions les paraboles afin de trouver des renseignements possibles sur un Satyre, ennemi de nos Dieux. Aiguisons nos lames, nettoyons nos masses et préparons-nous au combat, un combat afin de défendre le monde tel que nous le connaissont. Un combat ou les Dieux du Panthéon se doivent de s'unir contre un ennemi commun qui lui ne lésine pas sur les moyens et qui veut à tout prix la mort des Dieux."

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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeMar 29 Mar - 1:47

Très loin de là, hors de toute cette agitation, Drambam vaquait à des occupations plus posées. D'un pas lent il longeait la bordure intérieure du quatrième rempart Sud de Trisidor. Sa marche de réflexion lui avait fait parcourir tout le quartier Ouest puis Sud au hasard des chemins, et il caressait maintenant les briques de pierre sur son passage en s'inquiétant pour lui-même.
De l'extérieur, personne n'aurait pu identifier la fine lame qu'il était il n'y a pourtant pas si longtemps. Le félin était simplement vêtu d'une chemise en lin noire et aux manches courtes, ainsi que d'un pantalon de la même couleur. L'été avait rendu le port du cuir contraignant, aussi avait il renoncé à son pourpoint. Il ne portait même plus ses deux cimeterres qui pourtant le caractérisaient tellement, et sans qui la notoriété du félin faisait cruellement défaut.
Intérieurement, il avait perdu le goût de l'aventure depuis que la vie s'était soudainement acharnée contre lui et qu'il avait trouvé un certain réconfort dans l'alcool.

Pourtant, il n'arrivait pas à s'ôter de la tête les propos que Jack lui avait adressés. Voila pourquoi il cheminait sans réelle destination depuis presque deux heures. Son estomac se permit de lui rappeler la nécessité de se nourrir périodiquement en bourdonnant dans son ventre. Comme il ne savait pas ou il se trouvait, il continua de longer le mur numéro quatre vers le Sud pendant plus d'un kilomètre jusqu'à retrouver l'allée centrale. Il bifurqua alors vers le Nord et suivit la route qui serpentait autour des écuries, des auberges, des forgerons, des étals de marchandises. Après quoi il contourna par la gauche le palais qui constituait le centre absolu de la cité et emprunta une route descendante qui menait vers le Nord-Ouest. A nouveau dans le quartier Nord, il n'eut aucun mal à retrouver le chemin de sa demeure et une fois arrivé devant son palier, il soupira en engouffrant sa clef dans la serrure.

Quand la clé eut fait deux tours complets vers la gauche le félin tourna la poignée et ouvrit la porte sans la faire grincer. Drambam avait revendu son ancienne habitation qui devenait trop petite pour le couple, et avait investi une somme rondelette dans cette maison du quartier Nord qui lui sembla être une bonne affaire. Le plancher était plus régulier et ne craquait pas, la porte et les fenêtres non plus ne faisaient plus de bruit en se mouvant, les salles étaient plus grandes et plus généreusement meublées. Enfin le félin jouissait désormais de la présence d'un grand lit dans lequel Némésis et lui pouvaient se glisser sans se gêner mutuellement. Ce même lit qu'il était désormais condamné à occuper, seul.

A peine fut il entré que les yeux du félins se posèrent sur une lettre laissée à même le sol, à quelques centimètres de sa porte d'entrée. Quelqu'un avait dû la faire glisser sous l'embrasure de la porte. Le félin fut pris d'un étrange pressentiment, aussi prit il la peine de regarder par dessus son épaule avant de se baisser pour ramasser ce courrier. Il déballa soigneusement l'enveloppe et en sortit un parchemin. Quelques mots y avaient été griffonnés à l'encre noire.

Drambam,

Retrouve-moi à Téopolis.

Le texte n'était pas signé, mais Drambam n'eut aucun doute sur son expéditeur. Il replaça le parchemin dans son enveloppe, qu'il rangea elle-même dans la poche de sa chemise et repartit tout aussi sec. Après avoir verrouillé sa porte d'entrée il se dirigea -cette fois à grands pas- vers la demeure d'un vieil ami.

Il dut emprunter une route étroite qui menait vers le Sud-Ouest. Pour se rendre dans le quartier Ouest et plus exactement dans son ancienne maison qui n'était occupée par autre que Jack! Ce denier avait accepté de reprendre l'ancienne cabane de Drambam en échange de quelques pièces et de quelques renseignements fort intéressants. Le félin inspira profondément en frappant à la porte. Il parut satisfait en remarquant que des pas s'activaient de l'autre côté pour venir lui ouvrir.


"-Je ne suis qu'un imbécile!" résuma Drambam une fois face à son interlocuteur. Il n'était pas totalement dans le faux. Des années que Jack et lui ne s'étaient pas revus, et tout ce qu'il avait trouvé à lui dire fut quelques mots sous l'effet de l'alcool qu'il aurait dit à quelqu'un qu'il ne connaissait qu'à peine. Jack lui répondit d'un large sourire.

"-Tu en as mis du temps, fiston. Qu'est-ce qui t'as fait changer d'avis?
-Je crois que je ferais mieux de vous raconter toute l'histoire, depuis le début."

Jack s'écarta de l'embrasure et fit signe à Drambam.

"-Après toi."

Jack tira une chaise pour son invité et l'invita à déjeuner en sa compagnie, ce que Drambam accepta.

"-Tout a commencé peu après que je ne déménage. Tout allait bien, Némésis et moi nous entendions parfaitement, et je pressentais une relation durable entre nous.
-Némésis... Un prénom bien ancien. Pourquoi ne jamais nous avoir présentés?
-A dire vrai, je n'en sais rien, mais écoutez la suite. Au fil des mois qui ont suivis, nous étions plus ou moins forcés de rester à Trisidor pour garder une situation stable. Mais tout ça a duré plus longtemps que prévu et Némésis, plus encore que moi, ne le supportait pas. C'est devenu encore pire quand nos vieux amis de voyage décidèrent de nous laisser. Elle se lassait de cette inactivité, et je pense qu'elle se lassait de celui que j'étais devenu. Alors un jour, nous nous sommes disputés.

-Le genre de disputes qui ne fait pas dans le détail?" se permit de demander Jack.

"-Vous ne croyez pas si bien dire. La tension est montée d'un cran et ça c'est mal passé."

Le félin défit les deux premiers boutons de sa chemise.

"-Elle m'a enfoncé un couteau dans l'épaule et puis elle est partie. D'un coup."

Il disait vrai. Même les yeux usés de Jack n'auraient pu rater la cicatrice qui parcourait le haut de l'épaule gauche du félin sur plusieurs centimètres.

"-Hmm oui, ça va laisser une trace. Tu n'as pas tenté de la retrouver?
-Si dans un premier temps, bien sûr. Puis j'ai réalisé qu'elle avait quitté la ville pour me rendre je-ne-sais-où. Jusqu'à-ce que je reçoive ça."

Il dévoila à Jack son courrier mystérieux qui lut le message en l'espace d'une seconde.

"-Tu es sûr que celà provient de Némésis?
-Certain. Je ne sais pas écrire, mais j'arrive à reconnaître son écriture." affirma Drambam.

"Elle est donc à Téopolis. Ce qu'elle y fait, je n'en ai pas la moindre idée. Et pourquoi me recontacte t'elle si tardivement?
-Peut être à t'elle réalisé le vide que représentait ton absence dans sa vie amoureuse?
-J'en doute. Ném' n'a jamais été très expressive pour ces choses là. Non, à mon avis elle a des problèmes, et compte sur moi pour en sortir.
-Ou peut être qu'elle te laisse une seconde chance de retourner vers elle?
-Peut être. Elle avait la fâcheuse tendance de me 'tester' sans arrêt. C'est très possible.
-Eh bien si tu veux le conseil d'un ancien comme moi, tu devrais effectivement te rendre à Téopolis pour te rendre compte par toi même de ce qu'il s'y passe. C'est pour toi une occasion inespérée de renouer avec ta vie d'antan.
-Pourquoi pas..."

Les deux félins passèrent les minutes suivantes à manger le déjeuner que Jack avait préparé. Puis l'ancien réalisa que quelque chose le tourmentait toujours.

"-Comment as-tu réussi à t'en sortir après le coup de couteau?
-J'ai la chance de connaître un fidel d'Helm qui m'a rafistolé avant que la blessure de s'aggrave.
-Ah, bien sûr. Tu transmettras d'ailleurs mes amitiés à ce bon Stronc." Le félin fut impressionné par cet effort de mémoire.
"-Volontiers. En parlant de ça... C'est idiot, je sais, mais je ne suis pas parvenu à me séparer de la dague qu'elle m'a enfoncée.
-Mais pas du tout. Tu t'attaches à ce qui te rappelles ta bien-aimée. C'est tout naturel. Je peux voir cette arme?" Drambam sortit une dague d'une poche du côté intérieur de sa botte et la présenta à Jack.

"-Je vois... Tu as songé à lui donner un nom?
-Hein? Qui, au couteau? Je n'y avais jamais songé.
-Ce serait une bonne chose pour t'en rappeler, quand tu auras mon age! Que penses tu du 'Croc de Némésis' ?
-J'aime beaucoup! Et j'apprécie cet effort de , euh de ...
-Métaphore." souffla Jack.
"-Oui, c'est celà."

Après quelques minutes à papoter et un repas ingurgité, c'est un Drambam galvanisé par les paroles de son ami qui quitta son ancienne demeure et fit route droit devant lui à grandes enjambées. Jack avait refusé de partir pour Téopolis avec lui, en prétextant qu'il ne ferait que le ralentir et le félin avait renoncé à cette idée. A présent Drambam avait pour but de se rendre dans un lieu qu'il n'avait pas fréquente depuis très longtemps: le temple d'Helm. Pour que ce soit vraiment comme avant, il manquait une personne indispensable répondant au doux nom de Stronc...
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeMar 29 Mar - 10:21

Dans le voisinage de Téopolis, après une petite marche vers le nord, fatiguante à cause du dénivelé, se trouvait une petite clairière réchauffée par le soleil d'automne. Une petite rivière circulait et descendait en cascade vers la ville. Près de la source qui glougloutait agréablement, sortant d'un amas de rocher et formant une sorte de cuvette naturelle, se trouvait une fillette. Elle posa son panier et s'approcha de l'eau.

Vrixi s'agenouilla près du ruisseau et regarda l'eau s'écouler. C'était une jeune enfant de taille moyenne qui devait avoir a peu près 10 ans. Elle portait une simple robe grise qui lui arrivait au dessus des genoux. Une ceinture tréssée de fibres végétales lui ceignait la taille. Ses grands yeux bleus observaient avec curiosité son reflet dans l'eau. Elle y voyait un visage pale et angelin encadré par des cheveux chatain foncés avec certaines mèches plus sombres. Un bandeau en tissu empechait ses mèches rebelles de lui tomber sur les yeux. Ses derniers étaient la partie de son anatomie qu'elle trouvait la plus étrange et attirante. Ils étaient d'un bleu profond, d'un bleu glacier. En exagérant, certains disaient qu'ils étincelaient dans le noir. Boréas lui avait avoué qu'il prenait une couleur viollette lorsqu'ils étaient éclairés par la lumière d'un feu de bois.

Sans pudeur et sans crainte, elle se releva, retira ses vetemens et sauta dans l'eau fraiche avec un cri enfantin. Vrixi avait pied, elle était trop grande maintenant. Elle s'agenouilla dans l'eau, le niveau montant jusqu'a ses épaules, et se propulsa. En suivant les courbes du cours d'eau, elle finit par arriver à un endroit ou elle n'avait plus pied. L'enfant plongea alors et expira tout l'air de ses poumons afin de toucher le fond. Elle regarda le soleil, protégée par la barrière mouvante de l'eau et sourit. Elle se sentait bien ici, dans l'eau, cette élément maternel. La fraicheur de l'eau ne l'ennuyait pas non plus, au contraire, elle trouvait cela revigorant.

En pensant à la soirée qu'elle allait passer avec son père, Vrixi réflechit à une magie qu'elle pourrait faire. L'enfant ferma les yeux et se concentra sur le son de coeur.


"-Boom boom... Boom boom... Boom boom.."

Elle ne ressentait que ces pulsations qui envoyaient du sang dans tout son corps. Sang qui d'ailleurs commençait à s'appauvrir en oxygène. En ouvrant un peu plus son esprit, elle sentit l'eau entourant son corps, l'enveloppant d'un film frais et humide. Son esprit était trop ouvert, elle ne ressentait pas les flux de mana. L'enfant recommença l'experience, fermant son esprit.
Sa vue, qui était obstruée par ses paupières, s'évapora de son esprit. Son sens du toucher disparut, elle ne sentait plus l'eau autour d'elle. Son ouie s'évanoui à son tour, le bruit des vaguelettes s'écrasant sur les bords s'effaçant de son esprit. Puis son odorat et son sens gustatif disparurent de son esprit.
Seules les battements de son coeur étaient présents dans son esprit. Elle ouvrit sa perception extérieure et ressentit alors les flux de mana. Tout autour d'elle, le mana, qu'elle se représentait comme des serpentins bleutés, tournoyait. La plupart de ceux à proximité de la fillette se dirigeaient dans le sens d'ecoulement de la rivière. Vrixi ne percevait pas encore les flux de vie des créatures de chair et d'os, et cela ne l'interessait pas pour le moment.
Elle se concentra sur les serpentins bleutées qui fuyaient et tenta de les ralentir puis de les detourner de la trajectoire en les dirigeant vers le haut.
L'enfant sortit une partie de son cerveau la chatouiller et s'en servit afin de réaliser son projet. C'était un peu comme bander la corde d'un arc.

Lorsqu'elle relacha sa Volonté son esprit reprit douloursement conscience du monde extérieur. Tous ses sens lui revinrent en meme temps, ainsi que le fait qu'elle manquait cruellement d'oxygène. Cela faisait comme un surplus d'informations et lui donnait l'impression que sa tete allait exploser. Alors qu'elle se préparait à prendre appui sur le fond de la rivière pour remonter, son sort fit effet.

L'eau jaillit en grandes jerbes de la rivière, un peu comme si un ogre avait sauté en position foetale dans la rivière. Vrixi fut secouée par son sort et projetée vers la surface. L'enfant heurta le bord de la rivière et s'y aggripa. Elle sortit et reçu une bonne douche, Toute l'eau qui avait jailli retombait sur le sol.

En rigolant, Vrixi retourna là ou elle avait laissé ses affaires. Elle était fière de sa trouvaille, une explosion d'eau. Vivement ce soir qu'elle puisse s'amuser avec son père.
La fillette s'allongea dans l'herbe et laissa le soleil la sécher. Elle lezarda jusqu'a entendre les cloches du Palais annoncer le début de soirée, et donc une messe. Elle se leva alors, se rhabilla, mangea un morceau de la tarte aux pommes et repartit en direction de la ville, impatiente d'aller surprendre son père à son office au temple.

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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeMar 29 Mar - 22:56

Dans un autre temple dédié au nom d'Helm le dieu défenseur, un félin foulait les dalles du sol carrelé et ses moustaches baissées trahissait le malaise qui l'habitait. Pour Drambam qui avait passé toute sa vie à fuir les cultes divins de toutes sortes, se retrouver dans un lieu tel que celui-là était tout à fait paradoxal. Il trouva le courage de d'adresser à l'aumônier et demanda à rencontrer le frère Stronc. On lui indiqua affectueusement que celui qu'il recherchait était parti quelques jours auparavant pour une mission mandatée par le haut clergé d'Helm, et que sa destination ainsi que sa date de retour étaient inconnues. La température de la pièce sembla chuter de dix degrés quand Drambam l'apprit. Il remercia brièvement son interlocuteur et s'en alla sans confession.

"Parti? Sans m'en avoir averti? Ça ne ressemble pas à Stronc..." se dit le félin. Stronc était un dévot exemplaire et ne trahirait jamais le culte d'Helm, mais son attirance absurde pour le félin ne passait pas inaperçue. Le voir s'éloigner sans laisser d'adresse avait donc tout ce qu'il y a de plus surprenant.

Drambam rentra chez lui. Il ressentait quelque chose d'étrange, à mi-chemin entre l'excitation et la crainte. Il rouvrit la porte mais cette fois ci, il ne trouva sur le sol qu'une fine couche de poussière. Il fila directement vers une pièce qui ressemblait à un cagibi. A l'intérieur, il saisit un sac de voyage qu'il remplit avec ce qu'il jugea utile à son futur voyage. Des vêtements de change; une carte; assez de victuailles, indélicatement emballées dans un torchon, pour survivre quelques jours; une vieille boussole; une bourse pleine de pièces; et une couverture qu'il parvint à rouler en boule de telle sorte qu'elle puisse entrer dans le compartiment. Une fois son paquetage terminé il revint à sa chambre et se tourna vers le mur opposé à celui contre le quel se trouvait le lit.

Ils étaient là. Pendus à deux clous dans un cadre en bois aux formes exotiques, deux étuis. C'est à l'intérieur que se trouvaient les 'lames de la légende', celles que Drambam portait autrefois en permanence (C'est à peine si il ne dormait pas avec!). Le félin s'approcha et en décrocha une. Quand il sortit Courbebrise de son fourreau, l'acier grinça d'une façon que Drambam connaissait bien. Courbebrise se reconnaissait à sa lame en forme de croissant et à sa pointe effilée. Drambam avait pour habitude de la tenir de la main droite. L'autre se nommait Vipèredure (nom provisoire). Sa lame étaient sinueuse et dentelée mais sa pointe était droite et plus épaisse. Drambam la prenait en main gauche et l'utilisait beaucoup pour se défendre.
Il dégaina les deux cimeterres et fit quelques passes avec un adversaire invisible avant de réaliser que les lames étaient un peu émoussées. Il fouilla à nouveau dans le débarras et dénicha une pierre à aiguiser. Drambam tenta de restaurer le tranchant des lames en frottant la pierre contre celles-ci. Au départ ses gestes furent lents et hésitants, puis il retrouva son savoir-faire et aiguisa ses épées comme il l'aurait fait du temps de sa gloire. Satisfait, il sangla les deux étuis à ses épaules pour les croiser derrière ses omoplates; et rangea chaque arme dans son fourreau respectif: Courbebrise dans celui de gauche et Vipèredure dans celui de droite. Ainsi, si le félin venait à dégainer, il tiendrait ses deux armes selon son habitude et son style de combat. Drambam profita de l'occasion pour donner quelques coups de pierre à aiguiser au Croc de Némésis. Sans pouvoir admettre pourquoi, le félin fut ému de sentir à nouveau le poids de l'acier sur ses épaules.

Une fois équipé, armé et préparé, Drambam passa sa porte d'entrée et la referma derrière lui. Drambam réfléchissait au moyen le plus efficace de rejoindre Téopolis qui -si on se référait à sa carte- était très éloignée. Sans doute quelques caravanes qui sillonnent les routes pourraient l'accepter à son bord pour peu qu'il en paye le prix. Faute de quoi il serait obligé de tailler la route à pied et de passer de village en village jusqu'à sa destination. Quelques spécialistes de la guilde des mages proposaient aussi des "voyages instantanés" vers nombre de villes importantes, mais les tarifs exorbitants qu'ils pratiquaient contrecarraient cette possibilité. Le soleil était encore haut dans le ciel car l'après-midi commençait à peine. Mais le félin devait faire vite, car quelque soit le moyen de transport pour lequel il opterait, il vaudrait mieux avoir quitté l'enceinte de Trisidor avant la tombée de la nuit...
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeMer 30 Mar - 8:55

En choisissant la porte Nord-Est, Drambam avait fait le bon choix. En effet, il tomba sur une ribambelle de petites-gens s'attelant à fixer les derniers préparatifs de leurs nombreuses caravanes.
Il y en avait une dizaine à la file presque déjà prêtes pour repartir. La chance souriait au félin : il reconnut un vendeur d'épices et de pharmacopées non loin de là, qui avait jadis une enseigne à Trisidor. A l'époque c'était grâce à lui que de petits plats bien préparés venaient ramener la saveur du désert dont notre fière mercenaire téméraire était originaire, aussi Drambam et lui étaient-ils devenu des connaissances amicales.

En le voyant approcher, le dénommé Teranîm l'accueilli à bras ouverts. Ils engagèrent alors une conversation chaleureuse et Drambam apprit que le convoi faisait parti des Caravanes du Bon Hobbit, et qu'il traverserait les plaines du Grand Dermès d'abord pour arriver jusqu'à Téopolis puis il se dirigerait vers le col de Kheneb pour aller jusqu'à Ah-Nahala, en passant par tous les petites localités.
Drambam pouvait y avoir une place contre une modeste somme s'il s'engageait à protéger le convoi en cas d'attaque. Il pourrait profiter ainsi des dernières nouvelles du monde et de repas toujours fort goûtus, à l'habitude des riches marchands.


De son côté, Neff devait trouver un moyen de se tirer vite fait bien fait de cette ville, puisqu'il y serait recherché criminel condamné à mort. Le soleil déclinant, la garde aurait bien du mal à le retrouver une fois la pénombre jetée, cependant c'était la première fois que Neff mettait les pieds dans cette fichue ville et il n'avait pas l'avantage du terrain ni de contacts pour le cacher. Il devait absolument changer d'apparence, ça il le savait, mais où ? A cette heure-ci tous les commerces textiles étaient fermés et il avait l'air à moitié clochard à errer sale et une manche déchirée dans les rues.

Ce qui lui donna une idée. Qui pouvait lui faire la charité d'un vêtement, même de nuit ? Un quelconque temple d'Helm ou de Phénix ferait l'affaire, pour peu qu'aucun prêtre n'ait assisté à son procès, ça il fallait l'espérer.
Il se renseigna auprès d'un vrai clochard cette fois-ci, qui connaissait bien les rouages de la ville. Il lui expliqua qu'un temple de Phénix se trouvait dans ce quartier même, cette déité étant en phase avec l'entraînement martial et la justice. Aussi, le halfelin se rendit-il au bâtiment, qui se révélait d'aspect fort glorieux.
Les marches révélaient l'accès béant à une bâtisse tout de marbre d'un brun éclatant, les murs gravés de scènes retraçant des parcours héroïques, saints pourfendant des monstres démoniaques et autres exploits.
Une statue de trois bon mètres de hauts étincelait d'or au milieu de la place d'entrée sous les rayons du soleil crépusculaire. Celle-ci représentait naturellement un Phénix en vol, de flammes bardé jusqu'au sol, imposant le respect si ce n'était inspirant le courage.
Neff en resta bouche bée pendant un long moment.
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeJeu 31 Mar - 23:53

"Marché conclu!" acheva le félin d'un air enjoué.

Quelques minutes plus tard, Drambam et son ancien fournisseur grimpaient à bord de la deuxième voiture du convoi. Au terme des derniers préparatifs du voyage on désencombra la route et la caravane fila en direction du Nord-Est.
Par la fenêtre, le félin pouvait voir défiler les derniers édifices de Trisidor avant qu'ils ne cèdent place à la beauté saisonnière de la plaine. Lui et Teranîm étaient assis côte-à-côte et discutaient par moments de leurs affaires respectives. Drambam préféra ne pas dévoiler le pourquoi de son voyage, car il se voyait plutôt mal regarder Teranîm dans les yeux et dire "je pars chercher ma femme, car j'ai reçu un courrier me disant qu'elle serait peut être à Téopolis". Sur le banc d'en face étaient assis deux hobbits peu bavards. Le félin comprit qu'ils étaient en réalité au service de son voisin de gauche.
Drambam se plaisait à espérer que le voyage serait facile et sans encombre, mais il n'oubliait pas la promesse faite. En cas d'attaque, il ne se soustrairait pas à son devoir de défendre le convoi de sa vie; malgré qu'il garde l'espoir de ne pas devoir employer la force. Ses paupières commencèrent à s'alourdir comme le soleil qui tombait à l'horizon. Ses efforts ne suffirent pas à résister au sommeil...


Quand Neff eut terminé d'admirer le phoenix de pierre il se rendit compte qu'un vent frais s'engouffrait dans la rue et gonflait ses vêtements grossiers. Son apparence ne le mettait pas vraiment en valeur, mais il savait comment en tirer parti malgré tout. Il rentra la tête entre les épaules pour se donner un air triste et fit quelques pas en avant. Il n'eut pas besoin de jouer la comédie pour se donner du mal en poussant la porte dont la hauteur avoisinait les trois mètres cinquante.

Les flammes des bougies se courbèrent sans s'éteindre quand Neff pénétra dans le hall. Quand la porte claqua derrière lui, le courant d'air qui s'était engouffré à l'intérieur se tut. Neff fit volte-face. Il se trouvait dans une grande salle éclairée à la bougie. Des bancs de bois étaient disposés en lignes discontinues, et à ses pieds, Neff put lire le mot "COURAGE" gravé à même le carrelage de la pièce. Au centre, un feu semblait bruler d'une vive flamme sans bûches pour l'alimenter! Neff entendit des pas résonner.


"-Qui est là?" fit une voix. C'était celle d'un jeune pratiquant qui veillait là pendant que d'autres dormaient. A la lumière des flammes, Neff le voyait froncer les sourcils en s'approchant de lui d'un pas calme.

"-Je vous demande pardon." dit Neff de sa voix la plus douce. "J'ai besoin de votre aide, mon frère. Depuis que j'ai corrigé ces ivrognes qui tentaient de s'en prendre à cette mère et à ses deux enfants, d'autres mauvais bougres en ont après moi et..."

Quand il entendit ses mots, le prêtre écarquilla.

"-N'en dites pas plus, mon brave. Phoenix sait reconnaître la grandeur de ceux qui se battent pour la noble cause. Venez, vous devez être affamé!"

Neff se vit offrir un repas gratuit pendant lequel il raconta au fidèle -qui répondait au nom de Zelfino- son intervention héroïque et s'enfonça davantage dans le bourbier de ses mensonges. Puis il se vit offrir le gîte et on lui proposa des vêtements propres en remplacement de ses frusques. Avant de se coucher ce soir là, Neff eut une pensée heureuse. Non pas qu'il s'émouvait de l'empathie des prêtres, il s'amusait de la facilité avec laquelle on pouvait jouer avec leurs principes.
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeLun 11 Avr - 21:10

Gringewys regarda avec effroi la prêtresse se faire tuer. Non pas qu'il éprouva quelque compassion pour elle mais, il se dit qu'il avait échu dans sa perspicacité en entrant ici : il avait risqué sa vie puisque cela aurait tout aussi pu être la sienne qui eut été prise par la pointe de ce carreau. Il avait clairement sous-estimé la puissance du fléau contre lequel sa déité l'avait avec velléité envoyé.

Aussi, le conseil abrégé de telle sorte, il s'en fut en apprendre davantage sur le mal qui l'opposait. Il chercha longuement sans jamais trouver plus que quelques bestiaires décrivant les satyres dans leur généralité, comme des êtres mi-homme, mi-boucs, assoiffés de vin, de sexe, et parfois de violence.
Jusqu'à ce qu'il trouve dans un vieil ouvrage de piètre qualité ce que lui, en sa qualité de prêtre plein de piété, quoique certains le pourraient dire pousser le pire de l'impie pourtant, une ancienne comptine qui parlait ainsi :


" Sir Satyre ne savait s'y tenir sans s'en tirer ;
Il tenait en effet à s'enivrer de vin ;
Toute la nuit durant sans s'arrêter ;
Profitant du moment où la fête battait son plein ;
Sir Satyre ne pouvait s'y tenir sans s'en tirer bourré !

Sir Satyre ne savait s'y tenir sans s'en tirer ;
Il tenait de sa fierté son esprit territorial ;
Chaque fois qu'une chose lui déplaisait ;
Il écumait soudain d'une rage bestiale ;
Sir Satyre ne pouvait s'y tenir sans s'en tirer énervé !

Sir Satyre ne savait s'y tenir sans s'en tirer ;
Il tenait à de mesquines plaisanteries ;
Le voilà vilement poussant mère-grand dans le fossé ;
Les bruits faisaient fuir les bêtes tellement il en avait ri !
Sir Satyre ne pouvait s'y tenir sans s'en tirer meurtrier !

Sir Satyre ne savait s'y tenir sans s'en tirer ;
Il tenait dans ses bras une jolie demoiselle ;
Ni une, ni deux, il l'attire habilement dans son foyer ;
Et un méfait vite accompli, ignore la souillée, la belle ;
Cette fois-ci, Sir Satyre ignorait en tout cas ;
Qu'il ne pu s'y tenir sans s'en tirer ... papa !

Lorsque bien plus tard il apprit cela ;
De se venger amèrement il jura ;
Car c'était bien la première fois ;
Qu'il accomplit un bien de sa vie de pacha ;
Puisque grâce à ses gènes elle gagna ;
Une belle place aux côtés du roi !"
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeMar 12 Avr - 1:04

Gringewys se demanda s'il devait faire part aux autres de sa découverte ou s'en garder. Ces textes ne semblaient pas d'importance capitale à première vue, et le dévoiler aurait des conséquences plutôt incertaines. Ces écrits indiquaient pourtant que le dénommé"Sir Satyre" avait une descendance mais à quoi bon? Cela ne l'avançait pas vraiment davantage.
L'incident de la réunion avait coupé court à cette dernière. Cependant, la communauté n'avait pas oublié les suggestions du prêtre de Helm, un inandri répondant au nom de Stronc. Ainsi la réunion s'était clôturée sur l'acceptation de sa proposition par la majorité, faute de meilleure idée. Des missives avaient été déjà envoyés aux villes les plus proches, qui relayeraient le messages aux autres villes adjacentes et ainsi de suite. Chaque clergé fera donc de son mieux pour venir en aide aux terres sinistrées par le passage brutal du Sir Satyre. Ou du moins dans un premier temps. Mais l'ultimatum du messager ne s'était pas effacé non plus des mémoires. La fin des dieux... Une bien sombre prophétie. Si les dieux venaient effectivement à disparaitre, les populations n'auraient plus de guide à suivre. Sans ce socle primordiale les gens se tourneraient vers des divinités païennes ou vers l'individualisme, ce qui serait probablement le début d'une décadence sans précédent dans toute l'histoire de Mystras.


Drambam se réveilla d'un coup quand la charrette tressauta.
Teranîm se tenait toujours près de lui et jetait un regard vitreux à travers la fenêtre. Le félin maudit la pierre ou la bosse contre laquelle une roue de la charrette avait dû rebondir. Le voyage était plutôt paisible jusqu'à présent, abstraction faite des sabots d'une dizaine de chevaux qui battaient la route. Drambam commençait tout juste à s'habituer à ce tintamarre quand le convoi s'arrêta dans un village voisin, peu après la tombée de la nuit. Drambam apprit qu'ils étaient arrivés à Val-du-Fort, un village paisible des plaines du Grand Dermès. Cette petite bourgade avait été très célèbre il y a quelques années à cause du puissant vampire qui hantait ses environs. Quand on lui raconta que le vampire en question avait été occis par un chevalier du nom de Boréas, Drambam ne put s'empêcher de rire.

Les marchands descendirent de voiture et se dirigèrent vers une auberge pendant qu'on détachait les chevaux fatigués pour les emmener aux écuries. Là il fut invité à la table de Teranîm et dégusta un savoureux repas. L'inandri avait hâte de retourner s'approvisionner à Al-Nahala pour ensuite retourner vers Trisidor et revendre ses épices dix fois plus chères. Même avec le temps et l'argent dépensés dans ce voyage, c'était un investissement très rentable. Les affaires du marchand semblaient des plus prospères et Drambam en fut ravi pour son ami.
Au fil de la soirée les marchands fatigués partirent se coucher l'un après l'autre. Quand ce fut le tour de Teranîm, le félin lui souhaita la bonne nuit et se retrouva quasiment seul dans le rez-de-chaussée de l'auberge. N'ayant pas lui-même sommeil, il se présenta au tavernier et commanda un verre de bière. Il cautionna mentalement cet écart de conduite en se disant qu'il ne faisait que "gouter" aux produits locaux.
Il entamait son second verre quand un étranger passa la porte de l'établissement.


"-'Soir, Sam. Comme d'habitude!"

Puis, comme il cherchait une chaise où s'asseoir, il remarqua un félin assis à une table, une chope à la main. L'inandri avait les cheveux bruns et courts, la peau blanche et les yeux marrons.

"-Un nouveau visage... Vous êtes de passage, monsieur?

-Oui. Je reprend la route demain matin vers Téopolis." Drambam réalisa qu'il en avait déjà dit trop.

Alors, sans préavis, l'inconnu prit la place qu'avait occupé Teranîm quelques temps plus tôt. Il fit pivoter la chaise d'un demi-tour et s'assit de façon à pouvoir reposer ses avant-bras sur le dossier. C'est à ce moment que le félin remarqua l'épée que l'humain portait à la ceinture.


"-Ulrich Hoth. Comment vous appelez-vous mon bon ami?
-Mon nom est très compliqué. Alors les gens de chez vous m'appellent Drambam.
-Soit, Drambam. Qu'est-ce qui vous amène dans ce charmant village?
-Je fais halte ici pour me rendre à Téopolis dès demain. Mais la raison de ce voyage (il but une gorgée de bière), ne vous regarde pas.
-Je vois. Quand à moi je me rend à Trisidor pour une raison très importante."

Drambam ne montrait aucun signe de curiosité, mais Ulrich poursuivit son histoire.

"-Voyez-vous, mon père est très malade et je compte bien veiller sur lui pour l'aider à se rétablir. Et puis si je dois le perdre, au moins j'aurais été à ses côtés jusqu'au bout."

A ce moment, l'aubergiste s'approcha de leur table et posa une grande coupe de vin devant Ulrich. Qui fit un signe de remerciement avant de prendre la coupe dans la paume de sa main.

"-Un Villy-Brom. reconnu Drambam. Ce n'est pas vraiment le vin le plus bon marché.
-En effet! Je vois que j'ai affaire à un spécialiste.
-Pas exactement, mais je me rappelle du parfum de celui-ci en particulier.
-En voudriez-vous?
-Non merci. La seule fois où j'ai eu l'occasion d'en boire, je n'ai pas su m'arrêter et on a dû me porter jusqu'à mon lit!" Cette anecdote les fit bien rire tous les deux.

Leur discussion dura quelques minutes de plus et traita de sujets assez peu intéressants jusqu'à ce qu'Ulrich déclare:


"-Ce fut un plaisir de papoter avec vous, Drambam. Mais je dois reprendre ma route dès maintenant.
-Eh bien, bon voyage.
-Je boirai un verre à votre santé une fois de retour à Trisidor!
-Si tout se passe bien, vous le ferez en ma compagnie. Bonsoir, Ulrich.
-Bonne nuit.

Sur ces mots, l'humain quitta l'auberge en agitant le bras et bientôt Drambam se leva à son tour pour se diriger vers l'escalier du deuxième étage. Il s'arrêta net pour mieux entendre les bruits de sabots qui s'éloignaient du village. Quand les battements devinrent inaudibles, le félin reprit son chemin. L'aubergiste lui souhaita un bon repos et Drambam grimpa les marches, et traversa l'étage en souriant. Arrivé devant sa chambre il utilisa la clef qu'on lui avait remise pour entrer puis se jeta dans son lit après s'être déshabille. Une rude journée l'attendait.
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeVen 15 Avr - 7:04

Les autres prêtres choisirent de rentrer quelques jours se préparer pour leur futur tâche, quelques-uns révélèrent ce qu'ils avaient vu, d'autres, comme Gringewys choisirent de ne pas crier au loup et risquer leur réputation si cela n'était qu'une mascarade organisée par un vulgaire bandit en quête d'un nom.
Stronc, le prêtre de Helm, quant à lui, alla directement au village le plus proche.

La bourgade devait être un lieu fort agréable en temps normal, avec ces maisonnettes en toits de chaume et ses petits axes routiers pavés et le reste des chemins charmants partant vers les champs en simple terre battue mais encadrés de quelques variétés florales. Un clocher surplombait le village autour de la place centrale aux côtés de l'auberge et du temple local.
Cependant, alors que Stronc s'engageait entre les premières maisons, il tomba nez-à-nez avec un hystérique, hurlant de démence et peut-être de douleur, qui courrait erratiquement dans sa direction. Le malheureux était un être difforme, couvert de touffes de poils réparties au hasard, une corne avait poussé à travers son œil en laissant une plaie inquiétante et venait s'emmêler dans sa corne gauche d'inandri tandis que la droite s'était raidit et au lieu de s'enrouler, pointait désormais vers le ciel. Sa jambe droite était arquée, la cheville remontée d'une dizaine de centimètres et son pied atrophié présentait des ongles noirs épais et indurés, quoique pas pointus. Cela avait pour effet de le faire boiter dramatiquement. Enfin, il avait la mâchoire prognathe et la musculature inégalement développée.

Était-ce là l'ouvre du Satyre ?
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeVen 22 Avr - 4:59

Stronc eut un mouvement de recul en apercevant le grotesque s'approcher de lui en râlant. Jamais dans sa vie le prêtre n'avait eu affaire à une corruption de cette envergure. Et visiblement, ce n'était qu'un début.
Ce n'est qu'après que "l'homme" se soit jeté à ses pieds qu'il comprit que ses intentions n'étaient pas mauvaises, mais guidées par le désespoir le plus total.
Le difforme portait un pantalon en laine et une chemise en lin, tous deux tâchés du sang séché qui avait dû éxulter de sa blessure à l'oeil. Ce devait être un fermier, pensa Stronc. Les doigts anormalement velus de l'homme labouraient la terre en dessous de lui et se terminaient par des ongles noirs. Ainsi secoué de spasmes, le misérable pleurait et hurlait son chagrin tel une meute de loups que l'on entendrait au clair de lune. Malgré toute son empathie, Stronc ne pourrait (et ne voudrait) jamais savoir ce que ressentait cette victime. Il s'agenouilla au près de lui et commenca à canaliser un sort dans le but de soulager le malade de sa douleur. Au bout de quelques minutes, l'homme se calma et resta là, immobile et allongé dans l'herbe. On pouvait lire dans son regard atrophié toute l'étendue de la reconnaissance qu'il portait à son sauveur. Malheureusement, force était de constater qu'il ne pouvait pas faire grand chose de plus pour aider son patient. Ainsi partiellement débarassé de son fardeau, l'homme décida de se relever et le prêtre lui apporta son aide car sa jambe modifiée le gênait dans tous ses mouvements.


"-Je m'appelle Stronc et je suis prêtre de Helm. Dit il quand il fut debout face au satyre. Est-ce que vous pouvez parler?"


Drambam fut réveillé par Teranîm ce matin là. Il remit ses vêtements de la veille et descendit les escaliers en baillant. Dans l'auberge bien remplie en cette heure matinale, il prit un frugal petit-déjeuner avec les marchands de la caravane. Après quoi il sortit et rejoignit son ami dans le wagon à la même place que précédemment. Depuis la veille, les chevaux avaient été désanglés, nourris, nettoyés, brossés, et sanglés à nouveau. Il ne restait plus qu'à les attacher aux voitures et à faire claquer le fouet. Même pour le félin qui ne s'y connaissait pas du tout en hypologie, c'était des bêtes magnifiques. Des alezans à la robe sombre originaires des collines du Sud. Et chaque tête représentait une valeur pécuniaire d'environ deux mille cinq cent Gozs d'or; soit le tiers de la maison du félin, terrain compris. A ce prix ce n'est pas étonnant qu'une relève ait été organisée pour surveiller les enclos toute la nuit.

Drambam se renfonça sur le banc quand tout le convoi se mit en branle en direction de l'Est en suivant la route appellée le chemin du Mandibu. Si les dires de Teranîm étaient justes, le trajet d'aujourd'hui serait long et le convoi ne rallierait le prochain village que tard dans l'après midi. Le marchand tapotait le pommeau de sa canne sereinement. Pendant tout le voyage, le félin laissa son esprit vagabonder et ressentit de sérieux doutes. Non pas qu'il ne se préocupait de sa mission à long terme qui restait inchangée: retrouver Némésis. Non, à ce moment précis il s'inquiétait d'une menace beaucoup plus immédiate. Le voyage lui sembla bien silencieux, ce jour là.

Ils étaient à peine à mi-chemin lorsque Drambam sentit la voiture accélérer, et que des chevaux hennirent depuis l'extérieur, derrière eux.


"-Pourquoi tout ce grabuge, dehors?! S'enquit Teranîm. Que se passe t'il?
-Je reviens. Répondit Drambam.
-Comment? Mais...
-Dis au cocher de continuer à rouler. On se retrouve un peu plus loin."

Teranîm déglutit difficilement, mais acquiesça. Drambam, lui, ne montrait aucun signe de nervosité. Au contraire même. Son visage semblait soulagé. Il se leva d'un bond, ouvrit la porte d'un coup de pied sauta du transport en mouvement.
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeMer 4 Mai - 16:34

Le chemin mandibu traversait les plaines du Grand Dermès en direction du Nord-Est puis s'enfonçait directement au plus profond des forêts d'Harganisir. On renomma la route du Bois Noir ainsi lorsque la Colonie l'emprunta pour atteindre Trisidor dans son invasion à grande échelle. Ce fut le premier et dernier contact entre les peuples civilisés et la Colonie. A cette époque, seules les forces inandries de Trisidor et les magies des Téopolites avaient su mettre un frein aux ambitions du peuple-insecte.

Désormais connus sous le nom de mandibus, ils se retirèrent alors jusqu'aux marais lointains et ne refirent jamais surface. On leur donna ce nom en référence aux mandibules qu'ils portaient au niveau de la mâchoire. Ce détail particulier les dépeignait comme des monstres dans les contes pour enfants. Ces même contes que la mère d'Ulrich lui lisait quand il était encore tout jeune.

Aux environs du soixante-dixième kilomètre, le chemin serpentait entre des collines boisées et bordées de hautes herbes, ce qui en faisait l'endroit parfait pour quiconque souhaitait tendre une embuscade. Ulrich était allongé à flanc de colline, face à la route et attendait le signal de Ghavo, qui montait la garde au sommet. L'après midi s'écoulait lentement et autour de lui, l'impatience de ses hommes était de plus en plus perceptible. Vulrix nettoyait la lame de son épée pour la quatrième fois, Keud jetait des regards incessants à travers la végétation, vers la route. Depuis l'extérieur de cet enclos d'herbes hautes ils, étaient pour ainsi dire indétectables. Jidrig et le gros Waldo discutaient assis en tailleur dans l'herbe. A ce qu'Ulrich pouvait entendre, Jidrig se vantait des prouesses qu'il avait accomplies auprès d'une prostituée inandrie. Waldo ne l'écoutait pas. Il avait les yeux rivés sur le visage d'Ulrich. Profitant d'une pause dans le récit de son interlocuteur il interpella son chef de sa voix grasse.


"-Tu es bien sûr qu'ils viendront?"

Ulrich ne ne répondit pas tout de suite. Il passa une main dans ses cheveux noirs et courts puis s'étira. Il savait très bien que Waldo ne supportait pas de languir ainsi.

"-Oui. Sûr. Et ils ne seront pas défendus.
-Pas défendus?" Reprit Waldo. "Et ce type que tu as croisé hier soir?
-Quoi? Lui? Il est seul, nous sommes six. Quand on lui aura réglé son compte, les commerçants feront dans leur froc et on aura plus qu'à piquer la marchandise et l'or.
-Mais peut être qu'ils ont pris un autre chemin.
-Non. Ils opteront pour le chemin le plus facile. Car ils n'ont aucune idée de ce qui les attend. Leur soi-disant garde du corps sera bien surpris de me revoir, et je me réserve le droit de l'achever. Si vous le permettez.
-Pourquoi ça t'intéresse tellement?" Demanda la voix caverneuse de Keud.

Ulrich sourit dans sa barbe brune. Ils ne savent pas, pensa-t-il. Il nous rejoindra ou je le tuerai moi-même. Et je serai riche. Nous, serons riches.

Ghavo dévala la pente à toute allure jusqu'au groupe situé plus bas.


"-Ça y est. Les voilà!" Déclara-t-il à la volée.
-Tu vois, Waldo! Répondit Ulrich. Il n'y avait pas de quoi s'inquiéter. Dis moi tout, Ghavo.Combien sont-ils?
-Huit caravanes. La moitié d'entre elles sont chargés d'eau, de nourriture, de marchandises.
-Et de gozs! Compléta Ulrich. A ses mots, la bande de brigands fit une ovation.

"-Placez vous comme on avait dit. Et attendez que la quatrième caravane soit passée pour passer à l'attaque.
-Pourquoi?
-Pour mettre toutes les chances de notre côté! On se contente de les séparer et de prendre ce qui nous intéresse. Il y a de grandes chances que les quatre premiers chariots contiennent les marchands et leur garde du corps. Si on peut faire nos petite affaires sans être dérangés c'est encore mieux.
-Je vois." Répondit Waldo. "Dans le pire des cas ça nous laissera plus de temps pour stopper le convoi.
-Exactement. Et maintenant, préparez-vous."

Les bandits s'accroupirent dans les hautes herbes et attendirent en silence. Plus la colonne du convoi s'approchait, plus les bruits de sabots se faisait entendre. Le coeur d'Ulrich commença à battre puissamment dans sa poitrine quand le premier chariot le dépassa. Le temps semblait s'être ralenti. Trois autres chariots passèrent et les bandits s'élancèrent ensemble à l'assaut du quatrième. Vulrix grimpa jusqu'au conducteur et lui planta son épée dans l'estomac. Puis il balança le corps et tira sur les rennes. Dès lors, la charrette stoppa et celles qui se trouvait derrière n'avait nulle part où aller car la route étroite empêchait toute retraite. Ulrich regarda par dessus son épaule; Les voitures de tête partaient à toute allure en soulevant d'énormes nuages de poussière et il n'y avait personne pour les arrêter.

"Tu me déçois, mais j'aurais fait la même chose à ta place." Pensa-t-il.

Le pillage pouvait alors commencer. Entraîne dans la frénésie de la victoire, Ulrich se permit un coup d'oeil au sommet de la colline derrière lui. Il ressentit un pincement au coeur.[/i]

"-Où est Ghavo?!"

Les hommes se raidirent . Comme pour répondre à sa question, un corps roula du sommet de la colline jusqu'à ses pieds. Ulrich ne vit que trop bien l'entaille dans la poitrine sanguinolente du guetteur, qui indiquait qu'une lame l'avait traversé de part en part. En levant les yeux, le chef des bandits vit une silhouette auréolée de lumière qui se tenait dans la brise, immobile.

Les sbires se précipitèrent auprès de leur chef. L'étranger n'avait encore rien dit.


"-Ravi de te revoir, mon ami!
-La même chose, Ulrich. En supposant que ce soit ton vrai prénom. Comment va ton père?
-Je ne t'ai pas menti sur mon prénom. Dis moi, tu avais deviné que je préparais quelque chose, n'est-ce pas?
- Tu aurais dû être plus discret en quittant Val-Du-Fort. J'ai distinctement entendu ton cheval partir vers l'Est. Alors que Trisidor se trouve vers l'Ouest.
-Félicitations, Drambam. Mais tu es plus connu son ton nom d'aventurier n'est-ce pas, Tempête-de-Sabre?
-Les Inandris m'ont en effet appelé comme ça. Mais je préfère mon surnom Artakemien: Tigre d'Ombre."

Le sourire du félin se voyait même à travers la pénombre de son visage.

-Tu as donc voyagé entre les continents. Bien.
-Bien. Je ne suis pas ici pour vous raconter mes périples. Finissons-en.
-J'avais une proposition à te faire. Rejoins nous et c'est la richesse immédiate.
-Ça ne m'intéresse pas.
-Réflchis, enfin. Tu rates une belle occasion..."

La main du félin fit un aller-retour fulgurant. Le Croc de Némésis fendit l'air et alla se ficher dans la gorge de Waldo. L'homme serra la poignée du couteau mais ses forces l’abandonnèrent. Il se laissa tomber contre le chariot et mourut étouffé dans son sang.

"-Tuez ce salopard!" Hurla Ulrich.

Aussitôt Vulrix et Jidrig escaladèrent la colline suivis de Keud. Drambam les attendit. Il n'avait pas encore dégainé mais ses doigts s'étaient enroulés autour des poignées.
Les deux voleurs arrivèrent au corps à corps. Courbebrise et Vipèredure surgirent de leur fourreau juste assez vite pour dévier les deux lames qui fondirent sur le félin.
Il tenta une contre-attaque qui fut déroutée et fit un pas en arrière. Il se répétait de bouger sans cesse. S'il se retrouvait pris en tenaille, ce serait la fin.
Il attendit que Vulrix attaque pour esquiver, puis frappa sous la garde et Vipèredure fit un bref aller-retour à travers sa peau. Les courbes de la lame lacérèrent l'estomac de l'homme que la douleur fit tomber à genou.
Drambam avait relâché son attention sur les deux autres adversaire et il dut faire un plongeon sur sa droite pour ne pas se retrouver encerclé. Dans sa retraite, une épée lui taillada la cuisse. Il roula sur l'herbe en serrant les dents de douleur.
Comme il se trouvait face aux deux brigands, ils le chargèrent et tentèrent un coup d'estoc. Drambam se plaça hors de portée du premier et dévia l'épée du second. Dans la continuité du geste, il amorça un mouvement circulaire et commença à tourner sur lui même, épées levées à l'horizontale. Cette danse se transforma en tourbillon puis en tornade de sabres qui engloutit ses deux ennemis pour les recracher sous forme de corps inertes qui roulèrent sur le sol avant de s'immobiliser.
Drambam jura entre ses deux en terminant sa danse de mort. Sa blessure avait rendu cette botte secrète plus délicate que jamais. Il réalisa que son sang s'était répandu en cercle autour de lui et craignit d'avoir une artère tranchée.

C'est à ce moment qu'Ulrich émergea au sommet de la colline.


"-Mon offre tient toujours..." Dit-il d'un air enjoué en avançant vers le félin l'épée à la main.
"-C'est toujours non, Ulrich."

En réponse, le chef des brigands se jeta sur le félin et Drambam roula sur sa gauche pour l'esquiver. Il grogna comme il venait de contracter à nouveau les muscles de sa jambe blessée. Comme il se trouvait maintenant à bonne distance de son ennemi, il fit un moulinet avec son bras droit et jeta Courbebrise droit devant lui.
Le sabre progressa dans entre les deux guerriers et passa à quelques centimètres du visage de l'humain.


"-Décevant!" Répliqua-t-il en repartant au combat.

A présent les deux adversaires étaient à armes égales. Drambam saisit sa seconde épée à deux mains et rejoignit la mélée. Lui et Ulrich se livrèrent à de nombreuses passes d'armes sans se toucher jusqu'à-ce que Drambam ait l'idée de se placer dos au soleil couchant pour combattre. Quand il porta sa dernière attaque, il eut le temps de voir les les yeux de l'humain se plisser carle soleil venait de l'éblouir. Il ne put empêcher Drambam d’exécuter une feinte vicieuse dans le but de le désarmer. La lame D'Ulrich lui échappa des mains avant que celle du félin ne l'attrape avec habileté.
Comme pour se venger de toute cette opération, le félin poussa le chef brigant de sa jambe valide et le fit tomber à la renverse. Ulrich fit un roulé-boulé d'une vingtaine de mètres sur les flancs de la colline avant de s'arrêter tout en bas. Il était encore sonné quand le félin l'eut rejoint en titubant.


"-Pars, Ulrich. Je te souhaite de ne jamais me retrouver.
Tu auras tout le temps de méditer en rentrant à Val-Du-Fort à pieds.

-A pieds?!" Répèta celui qui avait modru la poussière.

"-Tout à fait. Je suis sûr de trouver quelques marchands qui vendront vos chevaux à bon prix. Bonsoir."

Et le félin le laissa là. Il lui fallut quelques temps pour retrouver Courbebrise, qui avait pénétré de tout son long dans la terre meuble à quelques pas du lieu du duel. Il s'en voulait déjà d'avoir lancé cette arme qui lui était sacrée (et d'avoir manqué!), et il ne partirai jamais sans.
Puis il regagna la seconde partie du convoi. Les survivants avaient assistés à la bataille et l'acclamèrent à son arrivée. On lui donna des tapes dans le dos, on scanda son surnom inandri, Tempête-Sabre et on l’accueillit comme un héros jusqu'à son siège dans la première voiture.
Les deux convois séparés se reformèrent à quelques kilomètres au Nord-Est de là. Où Drambam réintégra sa place aux côtés de Teranîm et la caravane reprit son cours.


"-A ce qu'on m'a raconté, ce ne fut pas de tout repos." Dit le marchand.
"-J'en ai connu d'autres, mais ça faisait longtemps.
-Comment va ta blessure?
-Mieux. Un hobbit a appliqué un cataplasme sur ma jambe. Selon lui l'artère n'est pas sectionnée, mais ça va sûrement laisser une belle cicatrice.
-Eh bien. Cette nouvelle semble pourtant te réjouir..."

Le félin gloussa.
"-C'est vrai. Les cicatrices, c'est un peu comme un journal, mais sur la peau. Quand je reverrai mon père, je lui dirai comment je l'ai eu et comment je m'en suis sorti. Il sera fier de moi. Tu vois, par exemple (il détacha quelques boutons de sa chemise) j'ai reçu celle ci de la part de mon épouse bien aimée pendant une dispute. Et ici, j'ai une autre blessure qui ne se voit pas car elle fut refermée magiquement.
-Tu n'as pas chômé depuis la dernière fois, vieil ami. Je t'envierais presque cette existence passionnante. Presque. "
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Maître de Mystras
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeMer 25 Mai - 20:10

L'infortuné au pieds de Stronc accéléra sa respiration brusquement. Il releva la tête, son oeil viable équarquillé regardant Stronc dans les yeux, et poussa un nouveau cri strident et puissant. Cela dura une seconde, puis, il se vit à vomir une gerbe de sang sur le sol.

- Oh mon pauvre ! Tenez le coup !

Stronc tenta alors d'incanter un sort de soin rapide, puis un sortilège contre l'empoisonnement, mais à chacune de ses tentatives l'homme redoublait de douleur. Quelques minutes plus tard, l'homme s'écroulait dans son sang, la vie l'ayant quitté. Stronc, releva la tête, affecté par tant de douleur. Même lui, prêtre d'Helm dévoué à la magie curative, avait été impuissant. Pire, peut-être avait-il lui même provoqué, ou en tout cas accéléré, sa mort.
Un petit groupe de badauds se tenait à une distance respectable de la scène, maintenant. On lisait dans leur regard l'incompréhension, la tristesse et la fatigue. Stronc prononça alors une prière pour le salut de l'âme du malheureux, avant de se diriger vers les villageois pour leur venir en aide, et voir s'il pouvait en apprendre plus.
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Drambam
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitimeMer 29 Juin - 23:40

Stronc laissa l'homme les bras en croix, paupières fermées, allongé au bord de la route. Ses spectateurs le regardaient approcher, le teint livide. Stronc était fourbu et avançait de manière nonchalante, comme frappé à son tour par la malédiction du désespoir. Il se contentait de regarder ses pieds tandis que ceux-ci se balançaient d'avant en arrière pour le porter vers sa destination. Personne ne le salua à son arrivée. Personne ne dit mot. Il fallut un long moment à Stronc lui même pour formuler sa phrase mentalement avant de daigner prendre la parole.

"-Que c'est-il passé, ici?" dit-il dans un sombre et profond soupir.
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MessageSujet: Re: L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer   L'enfant du Sir Satyre ne sachant s'y tenir sans s'en tirer Icon_minitime

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